Effectuer un travail sur soi-même est-il essentiel pour l’accompagnement thérapeutique ?

La necessité du travail thérapeutique

« Nous ne pouvons conduire nos
patients
Que là où nous en sommes »

Carl Gustav Jung


Comment recevoir des patients, travailler sur leur inconscient sans avoir découvert des aspects de soi-même, ainsi que le fonctionnement de son psychisme occulté jusque là ? Il est évident que cela n’est pas concevable.

L’individu se livre à un thérapeute choisi et investi et va devoir faire face à ses inhibitions. Le thérapeute est conscient de l’enjeu de cette rencontre, neutre et bienveillant, il offre un cadre propice au travail thérapeutique. L’histoire personnelle du thérapeute ne doit pas polluer le patient, seul un travail personnel peut permettre cette neutralité bienveillante.

Le transfert offre un champ d’action à l’interprétation, alors, le thérapeute ne doit pas étouffer cette expression.

Pour Sandor Ferenczi, psychanalyste, « on laisse agir sur soi les associations libres du patient, et, en même temps, on compare les connexions nouvelles avec les résultats antérieurs de l’analyse, sans négliger, fût-ce un seul instant, la prise en compte et la critique de ses tendances propres ».

Théodore Reik, psychanalyste, nous dit « qu’il y a communauté fondamentale, sans cela le thérapeute n’entendrait rien. » Pour pouvoir proposer à un sujet un support extérieur afin qu’il puisse déposer l’affect qui le submerge, il est nécessaire d’avoir réalisé un travail d’introspection soi-même et d’être autonome.

Il est essentiel de comprendre qu’un travail thérapeutique nous invite à aller au bout de nous-même afin d’ atteindre une certaine « sagesse » qui nous apporte le recul nécessaire face à l’inconscient de l’autre.

Pour Harold Searles, psychanalyste, dans la symbiose, il y a un stade d’ambivalence. Pour lui, il y a régression chez le patient et chez l’analyste. Mais, le travail personnel du thérapeute lui permet d’accepter d’affronter ses propres sentiments ambivalents. L’analyste localise alors les frontières du moi conscient.

Comment se proposer d’être le guide d’une personne si l’on ne connaît pas le chemin ?

J. Bergeret nous dit que pour aider l’autre rien ne remplace « la marque indélébile et irremplaçable dans son psychisme d’une expérience personnelle menée à bien sur un divan, expérience qu’il demeure, de ce fait, capable de faire revivre à d’autres humains. »

 

Faire un travail sur soi, c’est offrir à l’autre la liberté.

 

Psychanalyse, De Mijolla, chez Pub fondamental, 1996

 

Je vous propose de lire l’article ci-dessous de Pierre Canouï, président de la FF2P, sur psychologies.com. Je souligne particulièrement sa réponse (qui fait écho à mon article) à la question « pourquoi est-il important d’avoir fait une psychothérapie personnelle pour être psy à son tour ? »

Bonne lecture !

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Sandrine Guilleray

Sandrine Guilleray

Conseillère conjugale et thérapeute analytique, mon objectif est d'accompagner les personnes et les couples dans les étapes douloureuses de leur vie.

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