la fin du couple

La fin du couple

LE CONFLIT DANS LE COUPLE

 

Le conflit dans le couple apparait lorsque la crise n’a pas été bien gérée. La façon de réagir à ces conflits va déterminer l’évolution négative ou non de la relation, et jusqu’à quel point le couple devient dysfonctionnel.

Au début de la formation du couple, l’avenir semble prometteur, pourtant, suite à différentes crises que le couple rencontre, les conflits évoluent.

  1. Lefebvre nous dit dans « le couple en crise » chez Fides, « l’enfant en nous persiste à réclamer d’être compris sans paroles, comme par magie. Nous faisons alors face à un mur de déceptions, car l’autre n’a pas cette sensibilité maternelle à notre égard ».

Et lorsque l’une des personnes est affectée dans le couple, l’autre souffre. C’est la « réciprocité » de la relation. Ainsi, l’insatisfaction réciproque peut entraîner une surenchère du conflit. Tout semble profondément négatif et donc toxique.

 

Une spirale infernale s’installe

 

Le conflit dans le couple ramène l’individu à sa part narcissique qui permet d’entrer en contact avec l’autre comme une part en lui. Tous ces processus s’amorcent parce qu’inéluctablement, une spirale de mécontentements s’installe. Si le couple réagit de plus en plus de façon négative, tout ce pour quoi le couple s’est construit est tombé aux oubliettes. Il est facile de se heurter sur un plan personnel, à cause du travail, des enfants, des décisions familiales… Tous les aspects positifs qui pourraient permettre de retrouver un équilibre ne fonctionnent plus. Les aspects positifs ne font plus contre-pied.

Les activités de couple, la sexualité, les plaisirs simples sont sujets à controverse, à polémique.

Les conflits évoluent car l’individu, dans l’émotion, ne répond qu’à ses pulsions. Les émotions ne sont plus pondérées par le raisonnement, la dialectique. L’argumentation se situe dans le conflit, c’est-à-dire, dans la querelle, le différend. La problématique de l’engrenage va résider dans le contenu  du message. Le discours n’est pas cohérent, il réagit à l’état émotif du moment. Il est chargé d’hostilité, il est enflammé. L’autre retrouve dans ce discours malveillance, véhémence, dédain, dégoût, accusation et même condamnation.

Dans ce contexte de réciprocité, le conjoint peut répondre sur un mode défensif, sur le même mode de mépris ou encore par le silence. Le conflit continue à évoluer. C’est l’impasse, la liaison se fait alors dans l’agressivité, la haine.

 

Du désamour à la haine

 

Lacan, psychanalyste, nous dit : « il n’y a pas d’assurance-amour, parce que se serait l’assurance haine aussi. »  Il parle « d’hainamoration ».

Néanmoins, le fait que des points positifs ne puissent rééquilibrer l’échange engendre une évolution sans fin des conflits. Cette haine inconsciente apparaît dans le conflit. Cette haine va se satisfaire par des actes manqués, des rejets, des problèmes sexuels, jusqu’à une haine puissante aussitôt refoulée. Le conflit peut encore évoluer parce qu’il n’y a pas d’issue envisageable, le couple est parasité par le narcissisme de chacun, l’agressivité, la haine. Ce processus peut se répéter jusqu’à la rupture. Toute tentative de conciliation semble vouloir échouer. Chaque geste, parole, se heurte à l’échec.

 

 

Le conflit dans le couple enfle désespérément

 

C’est comme un combat autour de la discréditation  de l’autre. Il semble impossible de trouver une solution afin de dépassionner le débat, d’apaiser la relation. Le couple se retrouve dans une grande précarité et une grande fragilité.

Le conflit dans le couple peut être d’ordre environnemental, familial, ou sexuel. Il peut exister un combat « logique » entre les sexes d’un point de vue social, familial et économique. Sur le plan sexuel, il est funeste. Cette différence des sexes, ou une orientation plus dans son féminin, pendant que l’autre est plus dans son masculin pour les couples homosexuels, n’est pas simple dans la réaction de réciprocité. L’un va déverser ses reproches, l’autre sera plus sur la défensive et dans le mutisme par exemple.

Le conflit dans le couple lors de la crise reflète le mystère de l’autre dans son masculin ou son féminin. (Anima, animus chez C. G. Jung). Les individus en arrivent à ne plus vouloir faire des concessions, qui dans le début de la relation se faisaient de façon plus naturelles, plus automatiques.

 

Contraindre l’autre mais ne plus vouloir être contraint

 

Le couple arrive dans une phase où l’individu veut contraindre l’autre en ne voulant plus être contraint lui-même. Le partenaire ne veut plus subir l’oppression tout en la faisant subir à l’autre. C’est vouloir réduire l’autre au rôle qui lui est dévolu. C’est demander à l’autre d’oublier son fantasme au détriment du sien et de ce fait ce qui élabore sa jouissance. Cela me ramène à Winnicott, et au risque que l’un des partenaires s’octroie l’autre « qui accepte de ne plus être sujet de son désir pour devenir l’objet du désir de l’autre tout puissant. » « Il y a confrontation à la destruction de l’objet. » Ce processus peut entraîner le couple dans une insatisfaction tenace.

L’espace psychique commun s’éloigne comme le couple exacerbé. Le couple doit jongler avec ces mutations. C’est une tâche interminable de maintenir une relation et d’autant plus fastidieuse lorsque les conflits dans le couple sont en pleine évolution.

 

La réflexion

 

Voici le moment de la réflexion. Lorsque le conflit dans le couple a dépassé un seuil critique, il est périlleux d’entamer, seul, une concertation. Chacun souhaite défendre son point de vue. Le conflit doit empêcher la suprématie de l’un ou de l’autre. Le danger est que cela dégénère dans un échange particulièrement belliqueux  où chacun peut se renvoyer la responsabilité des échecs.

Et qu’en est-il de la transgression, de l’adultère ? Vaste problème déclencheur d’une crise autour de la faute et du (de la) fautif(ve) stigmatisé(e).

Naouri, dans le livre adultères chez Jacob, nous dit que « la question qui reste entière est celle de savoir pourquoi la princesse se met subitement à perdre de son attrait et le prince charmant à  tomber de son destrier au point que même au lit – et surtout dira-t-on – plus rien ne va. La détérioration de la relation sexuelle qu’on retrouve immanquablement dans ce type de circonstance est-elle la cause du malaise que traverse le couple ou bien sa conséquence ? »

 

La mort du couple ?

 

L’évolution ultime du conflit est la mort du couple, la fin de la relation, tentative infructueuse d’avoir voulu vivre à deux. Il reste le deuil à faire de la relation. Le pire serait de rester ensemble « en désespoir de cause » malgré le besoin de chacun de prendre un chemin différent. Le couple peut mourir.

Pourtant, il peut y avoir une solution. Quelle est cette solution sinon que l’individu par un travail, une prise de conscience, se désaliène de son fantasme, de son lien structurel à son narcissisme, du mur qui sépare l’homme et la femme, ou le trop masculin face au trop féminin dans les couples de même sexe, (concept de l’(a)mur de Lacan), et les amours de l’enfant.

Il est essentiel de rechercher la vérité. Le conflit est inévitable et nécessaire afin de régulariser la vie de tous les jours.

Il est nécessaire d’apprendre à relativiser, à ne pas porter de jugement trop vite, de pouvoir renoncer à la fusion, de s’inventer chaque jour dans l’être et son ensemble.

 

J C Maes, nous dit que « l’issue de l’emprise, d’ailleurs, n’est pas tant le conflit que la conflictualité. Il ne s’agit, Mesdames, ni d’être soumises, ni d’être ultra-féministes à l’alcôve comme à la ville, mais de rester dialectiques. Il ne s’agit, Messieurs, ni d’être dominateurs, ni de vous laisser châtrer, mais tout comme vos partenaires, de rester dialectique… En rhétorique, c’est la mise en conflit des idées… En philosophie, la mise en conflit des enjeux de vie. »

Il y a une invitation à voir le ou les conflits en ennemis communs du couple plutôt que le ou la partenaire comme l’ennemi à « dominer ». Alors on ne parle plus  de la fin du couple mais d’une construction. Il n’est pas question de recoller les morceaux, il est question de façonner à quatre mains une nouvelle architecture sur une fondation commune…

 

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Sandrine Guilleray

Sandrine Guilleray

Conseillère conjugale et thérapeute analytique, mon objectif est d'accompagner les personnes et les couples dans les étapes douloureuses de leur vie.

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