La place du masculin sacré

Couple psychologie
Après avoir abordé « la femme sauvage », j’ai lu un article du Dr M. Nicoletti ( pour Inexploré n°33)  sur « la quête du masculin sacré » qui nous dit que :

« les hommes perçoivent aujourd’hui un manque dans leur vie. L’épée plantée dans la roche par un saint chevalier du Moyen Âge pourrait bien indiquer la route à suivre pour  redonner du sens. »

 

Nous voilà à nouveau dans le mythe qui nous permet d’avoir accès à notre monde intérieur. Jung explique que  l’homme doit consacrer la première moitié de sa vie à son adaptation au monde extérieur, la seconde à s’adapter à son monde intérieur, afin d’avoir accès à ses dynamismes inconscients les plus profonds et de devenir, alors, conscient des autres et de soi-même. C’est un travail d’individuation qui est un processus d’évolution unique et indivisible. C’est le principe d’entéléchie  d’Aristote (principe créateur de l’être) : « chaque être a en lui un potentiel à réaliser ».

Cette démarche n’est ni égocentrique, ni égoïste, ni individualiste. C’est l’unicité la plus intime, la réalisation de soi-même.

Le mythe, une épopée psychologique et thérapeutique

Et voici ce mythe des chevaliers de la table ronde à la recherche du Graal, et cette épée fichée dans la pierre, que nous dit le Dr Nicoletti ? « ….sa profonde symbolique : un axe vertical capable de créer un lien concret entre le ciel et la terre, entre l’humain et le divin. Mais pas seulement …. Cela nous montre aussi la profonde transmutation de son essence : un outil destiné à tuer se change en instrument de paix, de vie et de renaissance. Dans cette épée se trouvent donc réunies aussi bien la puissance masculine et la force guerrière que la gentillesse de la grâce … ». «  Rien de vulgairement mâle, rien de matériel ou de seulement physique, mais bien au contraire l’expérience vive d’une virilité spirituelle, d’une noblesse intérieure… malheureusement éclipsées par nos contraintes sociales… »

Dans un monde de compétition,  les hommes s’interrogent, ils ne savent que faire de leur part féminine qui est une base de « virilité authentique », ils se sentent  en difficulté avec leur conjointe, leur sœur, des amies, ils se retrouvent  sous la coupe de leur mère.

À travers le mythe,  il y a une invitation pour l’homme à se reconnecter à sa véritable puissance, je ne parle ici de pouvoir qui est une illusion de toute puissance. Il s’agit ici de chercher son potentiel.  La recherche du Graal est une image archétypique qui peut donner du sens. L’esprit chevaleresque est une sorte d’idéal, de courage, de combativité, de justice, mais cette recherche est une quête avec des épreuves à traverser comme des rites initiatiques qui permettent au jeune homme de devenir un membre à part entière du groupe, à travers  ce chemin de maturité intérieure,  que Jung nomme individuation. L’homme se met en quête de sa réalisation profonde. A défaut de m’intéresser au pouvoir symbolique de cette coupe, je préfère m’intéresser au chemin initiatique à parcourir pour l’atteindre.

Les mythes nous parlent de destin. Le mythe du roi Arthur vient certainement des antiques mythologies celtiques ou galloises. Les mythes construisent l’imaginaire populaire et racontent des histoires d’hommes qui prouvent la vaillance, la noblesse intérieure. C’est une force créatrice qui pousse l’homme à devenir conscient et à laisser émerger spontanément le « Soi » c’est-à-dire faire jaillir la personnalité,  dont il est  supposé devenir. En s’interrogeant, à travers ce mythe, on  comprend que la vie nous propose un sens d’évolution.

Le bébé est dans la fusion totale, puis l’enfant s’individualise, il  sort de la fusion, tente d’exprimer sa différence. A  l’adolescence, il s’oppose et  entre parfois en réaction. Il y a une distance prise par rapport à la mère, puis au père. Lorsque ces étapes se passent pour le mieux, l’étape suivante est une proposition pour l’homme en devenir de s’exprimer  dans sa totalité. Il peut se poser la question :  «qu’est-ce-qui me ressemble ? »,  « ais-je peur de mon animalité ? », « cette part de moi est-elle dangereuse ? » Et dans ce masculin sacré, « quelle est la place du désir ? ».

Cette quête est simplement une quête de sens à travers la place que l’homme occupe aujourd’hui dans la société moderne,  tout en ayant accès à l’inconscient collectif qui l’entraîne dans des images ancestrales et archétypales   sans s’enliser,  en toute acceptation consciente de sa vérité.

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Sandrine Guilleray

Sandrine Guilleray

Conseillère conjugale et thérapeute analytique, mon objectif est d'accompagner les personnes et les couples dans les étapes douloureuses de leur vie.

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