Le monde symbolique


Les mythes et les contes existent depuis la nuit des temps. Le monde symbolique nous offre des clés qui nous permettent d’ouvrir les portes de notre inconscient. Le symbole, ainsi que le mythe, surgissent de « l’inconscient collectif » et nous influencent. Il y a donc derrière cela un sens personnel aussi bien qu’un Sens collectif à notre existence.
Clarissa Pinkola Estès est conteuse et psychanalyste. Elle est à l’origine du concept de « femme sauvage », un des archétypes féminins. D’orientation jungienne, elle a publié « femmes qui courent avec les loups » en 1992. Le livre parle « d’histoires et mythes de l’archétype de la Femme sauvage ».

Clarissa P. E nous dit : « … L’ombre de la Femme Sauvage se profile toujours derrière nous, au long de nos jours et de nos nuits. Où que nous soyons, indéniablement, l’ombre qui trotte derrière nous marche à quatre pattes.»

 

Est-ce donc à dire que la nature profonde de la femme, remisée au plus profond de sa psyché est instinctivement sauvage ? Plus nous avançons dans notre « civilisation » plus nous nous éloignons de notre nature profonde. Les guérisseuses, les sages femmes… ont-elles été brûlées pour sorcellerie car leur nature sauvage semblait dangereuse ? Le savoir de la femme est disqualifié du côté de la sorcière.

Nous vivons de plus en plus dans une société où le matériel est omniprésent et nous éloigne de nos pensées sauvages. Pourtant, l’individu recherche, de plus en plus, du sens à sa vie. Il a besoin de renouer avec des valeurs pour faire face à un mal-être existentiel. Pour être et devenir, l’individu a besoin de se retrouver dans sa nature profonde.

Les peuples premiers vivent toujours au cœur de la nature, ils pratiquent toujours des rites initiatiques, ils sont proches du vivant. Pouvons-nous parler de procédé archaïque ou pouvons-nous nous en inspirer pour renouer symboliquement avec notre nature sauvage ?

Dans notre monde moderne l’homme pense dompter la nature et se croit extérieur à elle, pourtant nous sommes au cœur du vivant.

Pour Clarissa P E. « La femme moderne est un tourbillon d’activité. On lui demande d’être tout, pour tout le monde. Il y a longtemps que la vieille sagesse n’a plus cours. »

Le rêve, les contes, les mythes nous permettent de renouer avec « la femme sauvage » qui est tapie en nous. Clarissa P E « a reçu deux fois la nature Sauvage en héritage. » Elle nous dit : « …mon esprit a été nourri de tonnerre et d’éclairs. Toute la nuit, les champs de maïs craquaient et parlaient à voix haute… J’étais alors trop jeune pour l’appeler par son nom, mais mon amour pour la Femme Sauvage est né dans ma petite enfance. J’étais plus esthète qu’athlète et j’avais un seul désir : vagabonder, l’âme en extase. »

J’ai moi-même, en analysant un de mes rêves en analyse, renoué avec « la Femme sauvage » que j’avais reléguée au plus profond de moi. Ce rêve m’a fait prendre conscience que je suis et ai toujours été « Manon des Sources » (Pagnol). C’est une sauvageonne, une jolie jeune fille vagabondant librement dans les collines. Enfant, je vivais à la campagne et courais dans la nature et les ruisseaux. Avec des amies nous avions même un arbre totem. C’est un lien initiatique à la nature. L’arbre nous relie à notre nature, à nos racines. Il est relié à la terre et va jusqu’au ciel. L’enfant sait être dans la fluidité, dans l’expérience spontanée, l’adulte est souvent dans l’intellect. L’arbre incarne la sagesse, Saint Louis rendait la justice sous un arbre et Bouddha a trouvé l’éveil sous un figuier. Chaque individu peut trouver l’apaisement après une promenade en forêt. J’ai eu de la chance de grandir dans la nature même si cette part de moi est restée un moment en « jachère. » Clarissa P E nous invite à retrouver cette part de « femme sauvage » et nous explique que « ce lien peut s’être distendu du fait de notre négligence ou avoir été mis hors la loi par la culture environnante. » Pourtant, renouer avec cette part sauvage a été riche d’enseignements. « Et quand nous découvrons sa trace, nous redoublons d’efforts pour nous rattraper, pour remettre tout au propre, nos amours comme notre esprit, pour tourner la page, rompre les ponts, enfreindre les règles… Car nous n’avons pas l’intention de continuer sans elle. »

C’est l’écoute de Soi l’invitation que nous recevons à travers le rêve ou le conte. C’est une conversation qui revient par l’intermédiaire du rêve et par la lecture d’un conte qui devient initiatique. « La Voix Mythologique de la psyché profonde, parle en tant que poète et oracle. »

Le conte, le rêve, le mythe nous racontent « ce lieu entre les mondes qui porte des noms divers. Jung l’appelait l’inconscient collectif, la psyché objective ou encore l’inconscient psychoïde….. Ces couches profondes de la psyché peuvent représenter des pièges à ravissement, dont on revient vacillant, marchant sur un nuage. Or tel n’est pas le but. Le but est de revenir complètement lavé, plongé dans des eaux revivifiantes,des eaux riches d’enseignements…”

C’est pour se comprendre, se retrouver que l’homme ou la femme entreprend un travail thérapeutique.

Par la méditation, la thérapie, l’analyse, le travail du rêve et la rencontre du monde des symboles, l’individu se recentre sur le plan psychique.

Nous pouvons nous laisser appeler par l’inconnu au cœur de notre inconscient, avec beaucoup de patience, au rythme de notre nature, nous rencontrer enfin à travers les rêves, la lecture des contes qui traversent l’histoire de l’humanité, chemin faisant à travers des symboles qui jalonnent notre existence, et qui résonnent en nous et nous touchent particulièrement. Nous nous mettons alors à l’écoute d’un processus d’émancipation et nous nous éloignons des blessures et des manques vers une réconciliation avec nous-même et les autres, nous tombons les masques et révélons notre nature profonde.

Clarissa P E nous raconte que « nous ne sommes plus désormais une petite chose en train de se dissoudre. Non, nous sommes à l’étape de la transformation où nous « devenons. » »

 

 

 

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Sandrine Guilleray

Sandrine Guilleray

Conseillère conjugale et thérapeute analytique, mon objectif est d'accompagner les personnes et les couples dans les étapes douloureuses de leur vie.

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Pour moi, la psychanalyse vient également d’un questionnement philosophique, mais elle est née de courants scientifiques et n’a jamais cessé d’évoluer.

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