négation

Osez dire oui !

«Il est étrange de voir comment l’être humain prend un curieux plaisir à préférer tourner son regard vers tout ce qui est négatif dans la vie plutôt que vers ce qui est positif et qui pourrait donner un sens à son existence. Il y a en lui une tendance incompréhensible à vouloir toujours nier plutôt que d’affirmer, autrement dit il se complaît à ne voir que l’aspect négatif de la vie, ce qui a pour conséquence qu’il vit  à son insu dans un état de mécontentement quasi permanent (que, d’une manière incompréhensible, qui paraît même absurde, il semble aimer !), sans s’apercevoir des dégâts qu’il cause à son propre être. Ainsi, il nie machinalement, par un réflexe insensé, tout ce qui pourrait lui apporter l’aide dont il a besoin pour dépasser sa condition humaine limitée, rejetant par ignorance la lumière que les sages du passé ont tenté de lui transmettre. Tout comme le poison, la négation possède une étrange force qui fascine l’homme et, tant qu’il continue de lui donner la primauté par rapport aux énigmes qui l’entourent – que, dans son aveuglement, il considère même, avec indifférence -, il restera un pauvre être inachevé, sans jamais réaliser qu’il a précisément un besoin aigu de s’ouvrir à ces mystères pour pouvoir évoluer à un autre plan d’être et de conscience au-delà du temporel. »

Édouard Salim Michael

Dans le silence de l’Insondable chap 13

 

Négation ou Verneinung, ne pas vouloir voir la vérité

 

Le processus de la négation c’ est une personne qui exprime une pensée (ou un sentiment) refoulée  jusqu’à cet instant et  persiste à nier que cette idée lui appartient.

« Non, ce n’est pas vrai, je n’ai absolument pas voulu dire cela…. »

 

Négation, dénégation, déni ? L’individu résiste, refuse, conteste, n’admet en aucune façon.

Que cache  ou dévoile ce refus ? L’individu s’oppose à la pensée du thérapeute qui peut confirmer le retour du refoulé. Il résiste, il poursuit dans son refus par réflexe et automatisme.

Il se propose une expérience négative à répétition, il reçoit un bénéfice secondaire, il est dans une posture qu’il maîtrise. C’est lourd parce que ce n’est pas conscient. La personne est dans la répétition, dans la réaction plutôt que dans la création.

 

C’est une façon de ne pas vouloir voir la réalité, un déni ou un refoulement.

Le refoulement c’est l’idée que quelque chose n’est pas acceptable. On préfère la dissimuler, l’ensevelir au fond de soi, de façon à éloigner cette pensée de la conscience… La négation c’est refuser de voir  le refoulement  surgir.

Le déni est un processus sur le même principe que le refoulement. On enfouit le tout et on ajoute une couche de protection au dessus. C’est une non acceptation de la réalité, la négation c’est la part d’ombre, la force obscure en nous. Si nous ne la regardons pas, alors elle va surgir contre notre volonté comme le diable qui surgit hors de sa boîte.

G. Jung, dans la dialectique du moi et de l’inconscient, nous dit : « à vouloir nier sa partie obscure, on détruit la forme de toute une personnalité… Sans ombre une forme n’est qu’un fantôme ou un mirage à deux dimensions, dans le meilleur des cas un enfant, plus ou moins bien élevé.»

La prise de conscience peut être difficile, la question est :  « qu’est-ce que je mets à la place ? »

 

L’accompagnement permet de donner du sens

 

Le thérapeute ne va pas chercher le déni, il accompagne la personne jusqu’à ce que le conscient soit prêt à accueillir la réalité. Il aide la personne à donner du sens.

G. Jung, psychanalyste, nous dit que « ce que nous n’avons pas voulu voir de nous-même nous reviens comme destin. »

Il est intéressant  pour le thérapeute, de faire abstraction de la négation dans le discours de son patient. C’est l’annulation de la négation qui permet l’annulation du refoulement, néanmoins cela ne veut pas dire que le refoulé est consenti.

Mais, attention, les phrases négatives ne sont pas toutes une contre-vérité.

La négation ou dénégation nous dit, tout de même, que l’individu se défend de ses pensées et de ses désirs en ne voulant pas voir la vérité. Il s’agit, ici, de réalité psychique. Cette objection est acceptable. Ainsi,  il n’est pas besoin « d’aller voir de plus près. » Cet évitement permet de dissimuler des éléments insaisissables. La négation véhicule un discours convenable dans le processus thérapeutique de l’individu, il évite ainsi la confrontation avec sa réalité psychique.

 

Les contes, les symboles et autres métaphores permettent de se raconter sans se sentir réellement en danger. Le message du conte est efficace pour comprendre une problématique qui semble irréelle. Le message du conte – comme le message du rêve –  est symbolique et recouvre une dimension plus ou moins cachée, qui se révèle au fur et à mesure du déroulement de l’histoire.

 

G. Jung : « mon chemin n’est pas votre chemin, c’est en nous qu’est le chemin, la vérité et la vie… »

Le thérapeute, dans son accompagnement,  doit comprendre comment son patient traduit le monde qui l’entoure. Chaque vérité est différente pour chaque individu. Pour « s’ouvrir aux mystères » de son patient, le thérapeute va répéter les mots, les propositions et voir l’écho chez la personne en face de lui. L’individu va-t-il encore utiliser le « non, pas du tout », « ce n’est pas cela ». Va-t-il rejeter les propositions ? Alors offrir le « et si ». « Et si symboliquement cette lourdeur par exemple pouvait signifier autre chose ? »

Par l’intermédiaire du symbole, le thérapeute établit un pont entre le monde métaphorique de son patient et la réalité.

Le dialogue est alors fluide, serein et donne une place à l’inconscient. Les nœuds se défont, il peut y avoir un soulagement et une prise de conscience de façon détournée.

Il est,  toutefois,  nécessaire que la compréhension du thérapeute de son propre modèle, de sa propre représentation symbolique ne pollue pas le patient. Ainsi, il est important de sonder la réflexion de l’individu, de lui permettre d’aller en profondeur et donc de  comprendre que le modèle de l’un n’est pas le modèle de l’autre. La personne est invitée à se raconter, à trouver des solutions par l’intermédiaire de sa représentation symbolique du monde et de sa propre histoire et grâce à ce que le conte (le symbole) lui renvoie au plus profond d’elle-même.

G. Jung, dans le livre rouge, nous dit : « mon chemin n’est pas votre chemin…c’est en nous qu’est le chemin, la vérité et la vie…Si vous vivez selon un modèle, vous vivez la vie d’un modèle, mais qui vivra votre vie sinon vous-même… »

 

Cette force étrange de la négation devient force de proposition «et si elle devenait une phrase positive, qu’elle serait-elle ? Et quel sens pourrait-elle donner à la personne ? » L’invitation est de dire oui à la vie dans une opportunité de mieux se connaître et alors arrêter de nier qui l’on est. Et, enfin, ouvrir les yeux sur sa cécité.

Pour aller plus loin, je vous invite à consulter la page thérapie individuelle pour vous aider à franchir le pas. Cet article peut également vous aider dans votre relation conjugale, ainsi, vous pouvez en apprendre davantage ici.

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Sandrine Guilleray

Sandrine Guilleray

Conseillère conjugale et thérapeute analytique, mon objectif est d'accompagner les personnes et les couples dans les étapes douloureuses de leur vie.

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